Jean-Claude Lafourcade est officier des troupes de marine. Il a commandé le 8e RPIMa. Général de brigade, il est nommé commandant de l’opération Turquoise. Il prend son commandement le 27 juin.

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Pour lui, sa mission est clairement de combattre le FPR. Comme le rapporte le général Dallaire qui le rencontre le 30 juin, il refuse de reconnaître l’existence d’un génocide. Au départ, il veut s’assurer le contrôle de la moitié ouest du Rwanda.
Informé de la rencontre de survivants tutsi à Bisesero par le groupe de reconnaissance Duval, le 27 juin, il n’organise pas d’opération pour les secourir.

C’est sous son autorité qu’à partir du 5 juillet, l’opération que dirige le colonel Tauzin alias Thibaut fait barrage à Gikongoro à l’offensive du FPR et protège ainsi les auteurs du génocide. Il reconnaît avoir utilisé plusieurs fois la force contre le FPR, alors qu’il ne désarme pas les FAR (il dit au général Dallaire le 30 juin qu’il n’en a pas le mandat), ni les milices et les groupes d’auto-défense et ne les arrête pas. Il ne fait pas démanteler les barrières où les Tutsi se font toujours tuer.

Il collabore avec Augustin Bizimungu, chef d’état-major des FAR, et propose de le soutenir comme interlocuteur dans la négociation d’un cessez-le-feu alors qu’il sait qu’il commande aussi les miliciens. Il fait contribuer à la formation de nouvelles recrues pour les FAR, milices ou groupes d’auto-défense et à leur réarmement.

Il se refuse à faire interrompre les émissions de radio Rwanda et RTLM qui continuent d’enjoindre de tuer les Tutsi et commandent à la population de fuir au Zaïre.
Le 11 juillet, il propose aux ministres du GIR, qui ont organisé le génocide des Tutsi, de se réfugier dans la ZHS. Il ordonne à ses subordonnés de ne pas les arrêter. Le 16 juillet, il enjoint au colonel Hogard d’organiser le départ au Zaïre du président intérimaire et des ministres réfugiés à Cyangugu.

Plus tard il prétendra que tous les responsables politiques impliqués dans le massacre sont partis d’eux-mêmes et qu’il n’a pas eu à les arrêter.
Il ne fait rien pour entraver l’exode de la population au Zaïre et les pillages et destructions qui l’accompagne.

Alors que le général Augustin Bizimungu et son armée sont repliés à Goma, le général Lafourcade continue à collaborer avec eux. Il laisse des avions débarquer des armes destinées aux FAR, en violation de l’embargo de l’ONU.

En regrettant le nombre insuffisant d’hélicoptères de combat dont il disposait, il reconnaît que l’essentiel de sa mission était d’arrêter l’offensive du FPR.
Par la suite, le Général Lafourcade est successivement sous-chef d’état-major « opérations » de l’armée de terre, commandant supérieur des forces armées de Nouvelle-Calédonie puis Commandant de la Force d’action terrestre (CFAT) à Lille.

Jean-Claude Lafourcade doit être mis en examen pour génocide.


Pour plus d’informations (sources, documents), voir l’article de Jacques Morel Portraits des 9 militaires français ayant porté plainte contre La Nuit Rwandaise

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