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Survivre au génocide

Illustrant la nécessité des « réparations » ici exposée, voici trois histoires de jeunes rescapés, enfants au temps du génocide, pris en charge par un centre social, à Kigali. Ces propos ont été recueillis par Benjamin Chapeau et Ignace Fabiani qui ont passé une année comme animateurs dans ce centre destiné à accueillir des jeunes qui vivent dans la rue. Un modeste aperçu sur ce que peut être la vie des enfants du génocide.

Témoignage 1 :

Je suis née en 1987, à Butamwa. Je vis avec ma mère car mon père est en prison.
Souvent j’allais à la décharge pour chercher comment je peux vivre avec ma famille soit en cherchant les charbons pour les vendre, soit en cherchant les patates pour les porter à la maison.

Un jour, un encadreur répondant au nom de Jean-Pierre m’a rencontré là-bas et il m’a écrit pour venir apprendre le métier, maintenant j’apprends la couture.

Témoignage 2 :

Je suis orphelin de tous les parents et je suis né en 1986 au Burundi. J’ai perdu ma mère après le retour au Rwanda et mon père était soldat, il est mort au champ de bataille.

Nous sommes arrivés au Rwanda en 1994, en 1995, ma mère est morte à Kibungo. Après quelques semaines, ma tante est venue nous garder, moi et mes petits frères, j’ai continué les études de façon que j’ai réussi l’examen d’État. Comme ma tante n’avait pas les moyens de me les payer, je suis venu chez mon oncle qui pouvait m’aider, mais il a refusé.

Après avoir perdu mes études, je suis venu dans la rue pour voir si je peux sauver mes frères. C’était en l’an 2000. Là-bas j’ai mal vécu, car je n’ai pas trouvé l’argent ou la vie comme je pensais. Un jour quand j’étais à Kicukiro, j’ai entendu qu’il y a un centre tout près qui aide les enfants de la rue. Alors très tôt le matin j’y suis venu et j’y ai été inscrit.

Témoignage 3 :

Je suis née en 1986 à Nyanza. J’ai vécu avec mon père. J’ai perdu ma mère pendant le génocide. Après la guerre, nous sommes restés avec mon père quelque temps ; et puis mon père fut emprisonné. Nous avons eu la mauvaise vie et je me suis décidée d’aller à la décharge pour trouver comment je peux vivre en cherchant de quoi manger et l’argent.

Après, j’ai eu la chance de rencontrer l’encadreur de centre qui m’a donné les conseils d’arriver au centre pour apprendre le métier qui peut m’aider dans le futur pour que je puisse faire quelque chose qui peut m’aider, alors c’était à moi de choisir ce que je dois apprendre, mais après ça on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont aidée à changer les idées que j’avais quand j’étais à la décharge.

Mis en ligne par LNR
 3/05/2007

N°1 • 2007

La Nuit rwandaise n° 1 • 7 avril 2007 10 euros • 309 pages ISBN : 2-84405-228-2
LNR

Le 11 juillet 2006, Jean-Paul Gouteux nous a quitté, après avoir laissé, entre autres choses, cette somme sur l’implication de la France dans l’extermination des Tutsis du Rwanda, ce qu’il aura appelée La Nuit Rwandaise. La Nuit Rwandaise, une revue annuelle sur l’implication de la France dans le (...)

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Serge Farnel , Yves Cossic , Georges Kapler

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